LYCÉE MARSEILLEVEYRE
MARSEILLE 08
 

Présentation du projet d’un jardin du souvenir des génocides au Lycée Marseilleveyre

dimanche 17 novembre 2019, par Bon-Micolon

Sous la direction de Monsieur l’Inspecteur général Vincent Duclert et en partenariat avec l’EHESS, le lycée Marseilleveyre a organisé une matinée le mercredi 25 septembre consacrée à une réflexion portant sur la réalisation d’un jardin du souvenir des génocides. Chefs d’établissements, inspecteurs, enseignants, parents et élèves ont participé activement à cet échange. L’objectif de cette première rencontre avait pour but de réfléchir ensemble sur ce projet dans le parc de notre cité scolaire. Le Lycée Marseilleveyre c’est d’abord un territoire unique de 13 ha et la mémoire d’un passé innovant. Né en 1945 dans l’élan et l’enthousiasme de la Libération, du plan Langevin-Wallon lui-même issu des réflexions de la Résistance comme l’a rappelée madame la proviseure. Ce lieu et ce passé nourrit un sentiment d’appartenance, fait sens et nous interpelle. Cette histoire et géographie si singulière de notre établissement peut-elle être source de récit, de recueillement et d’engagement ? Peut-elle inspirer notre présent ?

La réflexion autour d’un jardin du souvenir s’appuie sur un socle de pratiques mémoriels construits avec nos élèves qui sont venus à cette occasion témoigner de leur engagement autour de trois projets : Le relais de la mémoire junior (association européenne fondée par d’anciens résistants et déportés) dont le thème de l’an dernier portait sur la place des femmes en temps de guerre ou encore le projet ARKHE court-métrage mettant en scène par le biais d’images d’archives, d’un récit et d’une chorégraphie la mémoire d’un grand-parent d’une des élèves, qui a participé à la guerre d’Algérie... L’équipe des professeurs d’histoire et géographie du lycée se sont ensuite exprimés sur le projet de jardin dans le cadre de l’enseignement moral et civique conduit en classe de première puis poursuivi en classe de terminale l’an prochain. Ils ont exposé leur cheminement pédagogique portant sur quatre génocides : Hereros et Namas, Arméniens, Shoah-Tziganes et Tutsi, autour des notions clefs du programme d’EMC.

Ce projet contient deux volets : Le premier étant proprement historique et conceptuel autour des faits, de leur mémoire, de leur résonance. La mise en commun se fera grâce à la mise en place d’un espace collaboratif et la publication de productions d’élèves (projet de l’année dans le cursus de l’EMC). Le deuxième volet porte sur la conception et la réalisation du jardin. Il sera poursuivi en classe de terminal pourra rentrer en lien avec le programme d’histoire intégrant le génocide du Rwanda. Les enseignants en relation avec l’équipe de direction et collègues d’autres disciplines se pencheront parallèlement durant cette année scolaire sur la maquette d’un jardin du souvenir en lien avec un architecte-paysagiste dans le cadre d’un plan plus général de restructuration du parc. La première pierre de notre jardin pourrait être inaugurée à la fin de l’année scolaire 2019-2020. Les enseignants soulignent aussi la volonté de pérenniser et de faire vivre ce jardin en associant chaque génération d’élèves.

Un dialogue constructif s’est ensuite établi entre les différents interlocuteurs. Monsieur Vincent Duclert a clôturé la rencontre en insistant sur le caractère inédit et innovateur de ce projet en milieu scolaire. Il a évoqué quelques exemples dont on pourrait s’inspirer comme celui du jardin de la mémoire conçu par Bruce Clarke à Kigali inauguré le 7 avril 2019. Un lieu très minéral où la dimension des arbres et de l’eau font bon ménage, un espace d’échanges où symboles et gestes peuvent prendre toute leur place. A kigali chaque personne qui va dans le jardin prend une pierre et la pose. Comme nous le rappelle monsieur Vincent Duclert le but d’un génocide c’est d’éliminer toute trace, au risque de voir des formes de négationnisme faire surface. Le but du jardin consiste à se souvenir ensemble d’évènements violents, douloureux qui nous touchent sur le plan émotionnel et de nous recueillir dans un espace sacralisé, laïc en contact avec la nature. Le silence, le paysage, les plantes, l’eau, le minéral, l’expression artistique sont là pour remettre de la vie, de l’humanité dans l’inhumanité et d’offrir une porte de sortie pour éviter la désespérance des élèves. Ici le concept de résilience au sens que lui donne Boris Cyrulnik trouve toute sa place. Pour construire cet espace de partage nous ferons appel à toutes les énergies de notre communauté scolaire, à l’imagination, faisant des élèves les principaux acteurs de ce projet. Nous ferons appel aussi à des partenaires extérieurs proches et plus lointains. Notre Communauté scolaire (CVL, MDL, associations de parents…). Les Lycées professionnels voisins (du Réseau Calanque) seront associés à la conception et à la réalisation du jardin ainsi que des personnalités-témoins susceptibles de parrainer notre initiative. Nous ferons appel à des associations partenaires dont certaines collaborent déjà avec notre établissement depuis plusieurs années. Il importe aussi de conserver en mémoire la construction de ce projet en restituant « l’ordinaire de la classe » sous la forme de vidéos par exemple mettant en scène quelques séquences. L’approche artistique, littéraire, philosophique ne sera pas négligée. La dimension européenne et internationale point fort de notre établissement ne devrait pas être oubliée. Un artiste résident pourrait accompagner nos élèves et nous aider à la réalisation d’une œuvre symbolique. Enfin ce lieu devra rester sobre, ouvert et surtout évolutif.
La première pierre de ce jardin est prévu pour avril 2020 à partir des propositions que formulerons nos élèves.

Portfolio

  • Site envisagé pour notre jardin du souvenir
  • Image du parc au milieu de l'automne
  • Inauguration du jardin de Kigali par Jeannette Kagame , avril 2019. Un (...)
 
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